actualités


Quel avenir pour l'agriculture urbaine ?

23/06/2014

Jardins d’entreprises, fermes verticales, potagers sur les toits, serres urbaines ou jardins partagés… autant d’exemples qui montrent le dynamisme grandissant de l’agriculture urbaineEt pourtant, cultiver en ville n’a en soi rien de nouveau. Les pays du Sud (Madagascar, Tanzanie, Laos,…) l’ont toujours pratiqué, notamment pour les produits frais et périssables. Dans les villes occidentales, le développement de ces pratiques se nourrit des tendances actuelles : la recherche de bien-être, la consommation de produits locaux frais et de qualité, le développement de circuits courts, le renforcement et la création de lien social.

 

En Amérique du Nord, des projets tels que Brooklyn Grange et Whole Foods Market à New-York ou encore Lufa Farm à Montréal ont envahi le toit des immeubles pour y installer des cultures sous serre et hors sol fonctionnant grâce à la récupération des eaux de pluies. A Romainville en banlieue parisienne, le projet de construction d’une structure de plusieurs étages dédiée aux activités agricoles et adossée à un bâtiment existant illustre la notion de « gratte-ciel agricole » portée par Dickson Despommier, professeur à l’université Columbia à New York et sa thèse sur l’agriculture verticale*.

 

Et même les entreprises s’y mettent ! Les « corporate gardens », venus des Etats-Unis, s’imposent désormais en France. Du toit-terrasse végétalisé et aménagé en espace de détente à l’affectation à un usage agricole de friches industrielles, les formules sont variées : potager collectif, ruches, «hôtel à insectes», etc… La création d’espaces verts entretenus par les employés serait un vecteur de bien-être et de tranquilité au travail... voire réduirait jusqu’à 10% l’absentéisme selon The economics of biophilia, une étude américaine de 2011 menée par l’Université de l’Oregon.

 

Force est de constater que l’agriculture urbaine ne manque pas de projets, aussi variés qu’originaux. Notre planète hébergera 10 milliards d’habitants en 2050 dont 80% vivront en milieu urbain : cultiver en ville et pratiquer les circuits courts pourraient alors devenir notre quotidien. A suivre donc…

 

*L’agriculture verticale repose sur l'idée de cultiver des quantités significatives de produits alimentaires dans des tours, parois ou structures verticales, de manière à produire plus sur une faible emprise au sol, éventuellement en ville pour répondre à des besoins de proximité (filières courtes).