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Quand le digital bouleverse l'agriculture

03/03/2016

Alors que le 53ème Salon de l’Agriculture bat son plein à Paris, c’est l’occasion de s’intéresser à l’impact du digital dans le secteur agricole : Quels enjeux ? Quelles solutions ? Quelles initiatives ? ... ou comment le numérique « envahit » peu à peu nos prairies !

 

L’agriculture doit faire face à l’un des défis les plus majeurs de son histoire. Avec l’accroissement de la population mondiale (de 7 à 9 milliards en 2050 selon l’INSEE), les besoins alimentaires n’auront jamais été aussi importants. Et par ailleurs, la raréfaction des ressources, et notamment l’eau, va conduire l’ensemble de la chaîne agroalimentaire à devoir réinventer ses modes de production.

 

Dans ce contexte, l’essor des technologies et de leurs usages pourraient-ils se présenter comme une opportunité ? Hervé Pillaud, dans son ouvrage « Agronumericus », identifie 6 grands domaines agricoles qui connaissent une véritable mutation : la gestion des risques (maladie, climat...), la R&D, le financement, le conseil, la commercialisation, et l’agriculture de précision avec les objets connectés.

 

Une agriculture de précision pour optimiser la production et l’utilisation des ressources

Que ce soit les capteurs, les satellites ou encore les drones... Les systèmes actuels sont tous basés sur la récupération et la collecte de données, véritables mesures en temps réel du comportement des exploitations agricoles (météo, sol, qualité de l’air, maturité des cultures et des équipements, coût du travail...). L’enjeu : l’exploitation de cette data pour établir des prédictions sur l’utilisation des différentes ressources. Et au final, transformer cette data en véritable outil de gestion et d’aide à la décision pour les agriculteurs, devenus « ageekulteurs ».

 

Une florescence d’applications mobiles d’aide à la gérance des exploitations agricoles

En 2014, pas moins de 70 start-up spécialisées dans l’agriculture de précision ont reçu des financements pour un total de 276 millions de dollars (source : AgFunder).

 

Certaines utilisent des capteurs installés dans les champs pour recueillir les données. L’application WaterBee (projet financé par l’UE) permet d’ajuster les bonnes quantités d’eau au bon moment sur le terrain. Objectif : économiser 40% d’eau tout en améliorant la qualité des cultures. De son côté, la start-up Tule mesure la quantité d’eau évaporée par le sol et la plante. Cette data associée aux prévisions météorologiques donnent un planning d’irrigation précis aux agriculteurs.

 

D’autres, comme la start-up Mavrx, recueillent les données via satellites, drones ou avion. Ses algorithmes, appliquées aux images ainsi captées, donnent aux agriculteurs une indication très précise de l’état de leur exploitation, identifiant plus facilement les zones à traiter.

 

Autre piste : les systèmes embarqués et connectés. Exemple : Picoredéveloppé par l’Irstea qui permet à l’agriculteur d’optimiser les réglages de son pulvérisateur pour ses vignes tout en vérifiant la qualité des traitements et de réaliser une économie de 15 à 20% de produit.

 

Et puis, de nombreuses start-up, telles que eFarmeriCropTrak ou encore Agrilyst développent d’ores et déjà de véritables tableaux de bord sur la tablette ou le smartphone des agriculteurs. Leur promesse : centraliser les données, personnaliser l’affichage et prévoir les récoltes grâce à des algorithmes prédictifs. Dans cet esprit également, SMAG (filiale du Groupe InVivo), leader français des systèmes d’information à destination du monde agricole, conçoit et édite des logiciels de données agronomiques afin d’optimiser le pilotage technico-économique et la traçabilité des productions. Son ambition : développer la « smart agriculture connectée ».

 

Enfin, plus futuriste : les lunettes connectées, développées par Adventiel. Objectif : identifier les plantes malades avec le comptage de parasites, effectuer des audits et contrôles qualité, évaluer, peser et noter des animaux (bovins, ovins et caprins) ou encore réaliser des expérimentations agronomiques en micro-parcelles.

 

L’essor des technologies et de leurs usages investissent désormais l’agriculture. Le mouvement est en marche. Et, ses effets et ses bouleversements dépassent largement la question des nouveaux outils de production, comme le souligne le récent rapport du think tank Renaissance numérique sur Les défis de l’agriculture connectée dans une société numérique. C’est bien toute la chaîne de valeur de notre alimentation et ses acteurs qui sont touchés : producteurs, distributeurs et consommateurs. La « troisième révolution agricole » est amorcée !

 

 

A LIRE :

 

NAVIGUER sur le scoop.it de la Chambre d’agriculture de Vendée